Parcours de femme : Julia Molkhou

Publié le : 12/03/2018
Catégories : Parcours de femme

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Julia Molkhou qui tient la rubrique culture dans l’émission William à Midi sur C8. Ancienne étudiante en droit, Julia a commencé sa carrière sur grand écran avant de rejoindre Canal + en 2010 puis C8 l’année dernière. Cet été, de 18 à 19 heures, c’est sur France Inter que vous pourrez la retrouver, pour parler de culture, évidemment ! Entre deux spectacles, un vernissage, l’enregistrement de l’émission et une séance ciné, cette maman de deux petits garçons trouve le temps d’être mannequin pour l’agence Viva Talent. Nous avons voulu en savoir plus...

Julia Molkhou
© Julien Vallon pour l'agence Viva Talent

Bonjour Julia, peux-tu nous parler un peu de toi ?

Je m’appelle Julia Molkhou, j’ai 33 ans et je suis journaliste à la télé et à la radio depuis un peu moins de dix ans. J’ai deux petits garçons de quatre ans et demi et bientôt deux ans, j’habite à Paris et...j’ai trois frères !

Ça donne quoi tiens, quand on est une fille, de grandir entourée de trois frères ?

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai grandi avec trois frères ou si j’étais déjà comme ça (Julia est l’ainée, ndlr) mais j’ai toujours le sentiment d’avoir été le quatrième garçon de la famille : le garçon pas très courageux, le garçon qui pleurniche... mais il y a quelque chose de très masculin, très frontal, dur, bagarreur et teigneux chez moi. Je trouve que j’ai d’ailleurs une féminité un peu masculine.

Tu es chroniqueuse pour l’émission William à midi, sur C8, peux-tu nous raconter ton parcours professionnel ?

J’ai fait un peu l’inverse de toutes les filles qui sont arrivées au cinéma après la télévision : je suis arrivée à la télévision par le cinéma. J’ai commencé avec le film Brice de Nice, après j’ai enchainé sur un film avec Béatrice Dalle, puis un gros tournage en Allemagne pendant quatre mois... J’aimais beaucoup ce métier pour plein de raisons mais je n’y trouvais pas ma place. J’avais besoin de travailler tous les jours. J’ai des parents qui ont toujours travaillé, donc j’avais ce besoin là, d’avoir du travail de façon plus régulière. Je ne me sentais pas très au niveau non plus, j’avais l’impression que ça n’allait jamais décoller et ça me rendait un peu malheureuse. Je suis arrivée au cinéma en même temps que toutes ces filles qui étaient un peu malingres, un peu clopeuses et moi j’avais ma petite tête d’enfant sage, bourgeoise, toute ronde...je n’étais pas à la mode.
Du coup, j’ai monté une boite, qui s’appelait Mademoiselle Claude, on organisait des soirées masquées, on s’occupait de la communication de marques féminines...J’avais un blog à coté sur lequel j’écrivais beaucoup. Christelle Graillot (Canal +) est tombée dessus un jour et m’a contactée. Elle m’a reçue pour le casting météo de Canal, mais bon, je rentrais pas dans les robes (elle rit) ...Elle m’a dit : « Ne t’inquiète pas, je trouverai quelque chose pour toi » Elle a tenu parole et m’a proposé la matinale de Canal +.
Et une fois que j’avais mis un pied à la télé, je me suis rendue compte que j’adorais ça.

C’était comme le cinéma ?

Oui ! Déjà parce que j’étais filmée et, il faut le dire, aimer être filmé, c’est un peu une pathologie avant d’être un métier (Elle rit) Il faut quand même avoir envie, tous les jours, de s’exposer d’exister à l’image...et de l’autre côté, j’avais une forme de régularité dans le travail, dont j’avais besoin.

Il y a des rencontres qui t’ont marquée dans ton parcours ? Des femmes qui ont compté ?

La première rencontre importante, c’est Douchka Papierski, c’est la première à croire en moi dans ce boulot. Elle était directrice de casting et elle me découvre en faisant un casting sauvage. Elle a beaucoup cru en moi et elle a beaucoup compté. Ensuite, il y a Christine Parat, qui était mon premier agent. C’est elle qui m’a fait signer mon premier contrat. Elle incarne une figure assez maternelle à mes yeux. D’un point de vue plus personnel, il y a beaucoup de femmes qui ont compté aussi, comme Catherine Painvin, la fondatrice de Tartine et Chocolat. Je viens d’une enfance où je n’avais pas beaucoup de copines, j’étais entourée de garçons, je n’étais pas très fidèle en amitié...J’ai changé de cap vers l’âge de vingt ans : je suis devenue très entourée de filles. Aujourd’hui, j’ai plein de filles autour de moi que j’adore, je n’ai plus de problèmes de concurrence...C’est quelque chose de très bienveillant en fait.

Avec le métier que tu fais, quel est ton rapport à la beauté et à la séduction ?

Il est très difficile...Parce qu’il suffit que je prenne trois kilos pour que je me sente immonde, pas filmable alors que personne ne les voit ces trois kilos.

Depuis le début, je ne voulais pas aller contre ce que j’étais. J’ai été élevée dans un milieu très chic, et à l’antenne, je voulais être très chic. J’ai, par exemple, un rapport à l’habit qui est beaucoup plus important qu’au make-up. Je n’ai pas envie de passer des heures au maquillage, je sais exactement ce que je veux : un teint frais, les joues roses, légèrement creusées, un eye-liner très chic, très années 60 et basta. Je ne veux rien sur la bouche, et je ne veux pas que ça dure des heures. En revanche, je ne peux pas mettre de vêtements de mauvaise qualité, c’est impossible. Je veux pouvoir porter des chemises bien coupées, des pantalons qui sont jolis, des jeans cools, des vraies belles chaussures....Tu ne feras JAMAIS porter des chaussures en plastique !
Dans la vie, j’adore me mettre du rouge à lèvres mais à l’antenne, je n’aime pas ça. Je trouve qu’on ne voit que ça, que ça prend trop de place, Au fond, on me regarde plus qu’on ne m’écoute or j’ai besoin de légitimité. C’est d’ailleurs c’est le truc super que la radio m’a apporté.

Avec la vie bien remplie qui est la tienne, comment arrives-tu à trouver des moments pour toi ?

Je me fais masser par une fille super, deux fois par semaine et je lis énormément. Tout le temps. Je cherche dans la lecture des espèces de miroir. Il y a un coté un peu midinette : je cherche des phrases qui font écho à ma vie et auxquelles je me raccroche.

Comment arrives-tu à jongler entre ton travail et tes enfants ?

Quand je sortais de la matinale, j’allais les chercher à la sortie de l’école, donc je les voyais de 16h30 à 20h30 et n’importe quelle mère de famille sait ce que veut dire 16h30/20h30 : c’est un tunnel qui n’en finit JAMAIS et à la fin tout le monde meurt ou alors tout le monde devient alcoolique, c’est la vérité non ?! (Elle éclate de rire) Maintenant, je ne les récupère qu’en fin de journée... Je ne suis pas une mère parfaite, je fais énormément d’erreurs, mais je fais ce que je peux et c’est déjà bien je trouve. Je cuisine beaucoup, je les éveille à plein de trucs, je les emmène au resto, au musée, au cinéma, au spectacle...Par contre, j’ai décidé que je n’allais pas m’oublier. Je crois que la maternité a réveillé chez moi un égoïsme dont je n’avais pas idée. Je ne me connaissais pas sous ce jour-là avant d’avoir des enfants. Je ne savais pas que j’avais autant envie d’avoir du temps pour moi. Je ne me savais pas égoïste parce que je n’avais pas eu le temps de me poser la question.

Tu aurais un conseil à donner à nos lectrices, un petit mot pour la fin ?

On n’est jamais aussi heureuse que quand on prend des décisions.